lundi 29 décembre 2008

Les difficultés respiratoires sont souvent liées à un Nez Bouché Chronique

Nez bouché chronique (NBC)

Vous avez le nez constamment bouché et encombré depuis une semaine et vous avez déjà essayé les traitements médicamenteux proposés par votre pharmacien, sans beaucoup d'amélioration. Vous en souffrez surtout la nuit, ne pouvant dormir profondément, car vous avez la sensation de ne pas pouvoir respirer!

L’obstruction nasale est un symptôme prépondérant dans la dégradation de la qualité de vie. La difficulté à respirer par le nez est vécue comme le symptôme le plus pénible, que l’on souhaite le plus enrayer. Selon une étude française, 77% des personnes affectées d’une obstruction nasale présentent des troubles du sommeil, avec des difficultés d’endormissement et des réveils multiples. Cette fragmentation du sommeil entraîne une somnolence diurne, avec 1,5 plus de risque de ronfler et de développer des apnées du sommeil (1, 2). 44% des personnes avec le nez bouché éprouvent une gêne dans les activités sportives (3), 48% des difficultés à se concentrer (3) et 38% des difficultés à s’exprimer oralement (3). Chez l’enfant, on retrouve des troubles de la concentration chez 43% des élèves et une diminution des performances scolaires chez 42% d’entre eux (4).Le nez bouché peut enfin provoquer une sensation d’inconfort, de fatigue matinale, de tête lourde, d’irritabilité, voire même un sentiment de frustration (4). Enfin, l’altération du débit d’air et du drainage mucociliaire nasal influencerait la sévérité des maux de têtes, notamment chez les enfants, qui seraient plus forts et plus fréquents (5).








Quel est le mécanisme de la gêne respiratoire liée au Nez Bouché Chronique?

L’obstruction nasale est surtout liée à une augmentation de la résistance nasale entraînant un nez bouché du fait d'un gonflement de la muqueuse, notamment des cornets, ou de déformités des voies aériennes.
Le nez bouché chronique peut être le fruit de nombreux événements : sinusite, rhinite allergique, rhume des foins, rhinite perannuelle non allergique, rhinosinusite chronique... Mais le plus souvent, les facteurs environnementaux sont prépondérants dans la survenue d'un nez bouché chronique (NBC), surtout du fait que certains, notamment dans les régions froides, passent prés de 95% de leur journée dans des lieux fermés comme leur domicile, leur bureau ou lieu de travail, ou dans leur voiture, métro ou bus. Dans ces lieux, ils respirent du dioxyde de soufre (SO2), de la fumée de cigarette, même de façon passive.
Cette inhalation augmente la résistance nasale de diminue le transport nasal muco-ciliaire. C'est ainsi que les irritants inhalés entraînent une réaction muqueuse d'écoulement nasal similaire à celui d'une allergie nasale. Lors de l'exposition à un air froid et sec, il y a une libération de médiateurs inflammatoires dans le nez, entraînant des symptômes de rhinite et de constriction bronchique.
De même, les fumées industrielles de chrome, d'arsenic, de cuivre, de zinc ou d'acide nitrique diminuent la fonction ciliaire nasale. Enfin, le nez bouché chronique favorise une respiration buccale, un desséchement de la bouche, des maux de tête matinaux une fatigue chronique et une mauvaise haleine.


De quoi s’agit-il ?
C’est une maladie inflammatoire chronique de la muqueuse des fosses nasales, avec œdème inflammatoire de la muqueuse, congestion vasculaire et hypersécrétion de mucus.

Synonyme : Rhume des foins, coryza spasmodique.

Quelles en sont les causes ?
Les rhinites chroniques sont d’origine allergique dans 40% des cas et non allergiques dans 60% des cas.
La rhinite chronique allergique est due à un allergène (substance qui déclenche des manifestations allergiques) auquel la personne est sensibilisée.
Parmi les rhinites chroniques non allergiques , il existe :
- la rhinite vasomotrice (75%) : peut être due à des prises de médicaments, ou à des causes hormonales(femmes enceintes). La muqueuse nasale est humide, les cornets sont congestifs, ce qui aboutit à long terme à une hypertrophie chronique de cornets. On note l’absence d’allergie, l’existence de signes de spasmophilie ou d’une prise de médicament. Les symptômes débutent en général après 30 ans. Par ailleurs, elle est favorisée par des facteurs climatiques : le froid sec et la chaleur humide.
- la rhinite chronique non allergique à éosinophiles (25%) : les éosinophiles sont les globules blancs responsables, entre autres, de la réaction allergique. Ici, les éosinophiles sont en nombre élevé dans les sécrétions nasales, mais il n’existe pas de signes allergiques.

Comment reconnaître une dificulté respiratoire liée au nez bouché?

La rhinite chronique se manifeste par les symptômes suivants : l’obstruction nasale (nez bouché), un écoulement nasal clair (rhinorrhée), la douleur : mal de tête, les troubles de l’odorat et les éternuements.
En faveur de la rhinite allergique, il faut rechercher des antécédents d’allergie (familiaux ou personnels), d’autres manifestations allergiques (conjonctivite, asthme, eczéma, urticaire), mais également des démangeaisons du nez et des larmoiements. Sont surtout en sa faveur, l’association éternuements, écoulement nasal, obstruction nasale et la rareté des troubles olfactifs.
Elle peut être rythmée :
- par les saisons (mars-avril : pollens, mai-juillet : graminées, mai et septembre : arbres) ou non
- par le lieu d’exposition ( lieu de travail : professionnel ou le soir (animaux)).

Quels examens peuvent être nécessaires ?
La recherche de l’allergie tient compte des antécédents personnels ou familiaux, des circonstances d’apparition, des symptômes associés (asthme). Le diagnostic d’allergie est étayé par des tests cutanés utilisant les allergènes suspectés : intradermoréaction, cutiréaction, Prick-test (tests cutanés réalisé par une petite injection de l’allergène sous la peau), dosage des IgE spécifiques, test de provocation nasale. En pratique, on demande un test de dépistage (Phadiatop ) dirigé contre une batterie de pneumallergènes courants. Un scanner des sinus permet d’éliminer une pathologie des sinus.


Quelle peut en être l’évolution ?
Des surinfections nasales peuvent survenir. Si l’allergène est retrouvé, son éviction peut permettre la guérison.
Dans le cas contraire, les traitements actuels ne sont pas toujours efficaces pour guérir le patient mais soulagent grandement les symptômes.




Quel traitement médical peut-on vous proposer pour votre gêne respiratoire?

En cas de rhinite allergique, il faut essayer d’éviter l’allergène (souvent difficile). Désinfection de la pièce : produit destructeur d’acarien, aspirateur, absence de tissu mural, de tentures, de moquettes, éviction de l’animal domestique. Le principal traitement est médicamenteux. Tout ces produits agissent sur l’inflammation et les mécanismes allergiques à différents niveaux :
- Les anti-histaminiques H1 sont efficaces sur l’écoulement nasal et les éternuements. Attention, certains peuvent êtres sédatifs (peuvent faire somnoler).
- La corticothérapie en pulvérisation nasale est efficace sur tous les symptômes. Deux pulvérisations dans chaque narine le matin. Ne pas oublier de bien se rincer la bouche après pour éviter de développer une mycose de la langue. Pendant la pulvérisation et pendant la minute qui suit, il faut respirer doucement par la bouche et ne faire aucun mouvement d’air dans le nez.
- Les anticholinergiques en pulvérisation nasale sont efficaces sur l’écoulement nasal mais peuvent assécher également la bouche.
- certaines huiles essentielles (eucalyptus, citron) à diffuser dans la chambre à coucher, lavages de nez à l'eau salée (Stérimar, Physiomer), qui décongestionnent et assainissent la muqueuse nasale.
- un écarteur narinaire en silicone, tel Nozovent ou Nasanita, disponible en pharmacie, lorsque le nez a été cassé, notamment chez les boxeurs ou les rugbymen.

Que pouvez-vous faire de plus ?
Quelque soit le traitement, une meilleure hygiène de vie est souhaitable : arrêt du tabac et pratique d’un sport.
La désensibilisation peut être proposés si la rhinite est très gênante (injection de façon répétée et à faible dose de l’allergène), ceci est efficace seulement en cas d’allergie à un seul allergène.






LELASER PEUT REMEDIER A VOTRE GENE RESPIRATOIRE

- Le laser CO2 ou la radiofréquence, en cas d’obstruction nasale chronique importante :
Il permet l'ablation partielle des cornets inférieurs, sans douleur, en consultation, sous anesthésie locale, en quelques minutes d’une partie du cornet inférieur. Vous êtes anesthésié tout d’abord à l’aide d’un coton imbibé de produit anesthésique, puis le rayon laser est introduit à l’intérieur du nez. Vous ne ressentez alors qu’une simple sensation de chaleur, puis la sensation immédiate de respirer plus librement, un peu comme si on était exposé à l’air pur de la montagne. Le lendemain matin, vous aurez l’impression d’avoir un rhume, du fait des croûtes qui se seront formées dans la nuit et vous devrez faire des lavages de nez au sérum physiologique pour vous en débarrasser.
Ces techniques ambulatoires permettent d'éviter l'ablation chirurgicale au bloc opératoire sous anesthésie générale, avec la pose de mèches dans le nez durant deux à trois jours.
On retrouve ainsi de façon durable, pour plusieurs années une respiration satisfaisante, surtout nocturne, avec un sommeil plus profond, réparateur, et une meilleure forme et endurance physique lors de l'exercice physique. Vous pourrez ainsi, de nouveau, respirer correctement, avec une moindre fatigue à l'effort, si vous faites du sport.

1. Sharf MB, Cohen AP, Diagnostic and treatment implications of nasal obstruction in snoring and obstructive sleep apnea. Ann Allergy Asthma Immunol 1998; 81:279-290.
2. Young T, Finn L, Kim H, Nasal obstruction as a risk factor for sleep disordered breathing. Jallergy Clin Immunol 1997; 99: S 757-62.
3. Demoly P, AllaertFA, Lecasble M, PRAGMA, ERASM, a pharmacoepidemiologic survey on management of intermittent allergic rhinitis in every day general medical practice in France. Allergy; 2002;57:546-554.
4. Shedden A., Impact of nasal congestion on quality of life and work productivity in allergic rhinitis: findings from a large online survey.Treat Respir Med. 2005;4(6):439-46.
5. Passàli D, Damiani V, Passàli FM, Passàli GC, Bellussi L., Nasal obstruction and headache. A real correlation? Int J Pediatr Otorhinolaryngol. 2004 Nov;68(11):1407-11.